Les filles se plaignent de l'attitude des garçons (en bandes notamment) quand ils les harcèlent à leur passage, croyant facile de les mettre dans leur lit. Elles doivent faire preuve de prudence pour éviter de tomber dans le piège d'une "tournante". Une ancienne victime témoigne pour mettre en garde les jeunes.

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Coms rendu

# Posté le jeudi 15 novembre 2007 11:17

Modifié le mercredi 26 mars 2008 12:43

[Avril 2001 - Viol de la cité des Eiders]

[Avril 2001 - Viol de la cité des Eiders]
La première affaire de tournante à faire son apparition dans les médias, au printemps 2001, est celle de la jeune Sabrina, une adolescente violée à deux reprises dans la cité des Eiders, dans le XIXème arrondissement de Paris. En 1993, la jeune fille est entraînée dans une cave de la cité par son petit ami Osmane, 19 ans, où elle a des rapports consentants avec lui. Le calvaire de Sabrina va commencer lorsque les copains du jeune homme vont se présenter à la porte du local et demander de pouvoir disposer d'elle. le jeune homme la laisse à la disposition de 14 jeunes de la cité. On retrouvera quinze préservatifs dans la cave.

Ce qui se produit ce soir là est le scénario type de la tournante, selon Me Bourles "la fille sort avec un garçon qui décide d'en faire profiter les copains. Les garçons peuvent avoir quatorze - quinze ans. Parfois la fille est encore plus jeune. Après coup, ils disent qu'elle était d'accord et que, de toute façon, elle couchait avec tout le monde."


Un viol peut être commis sans violence. La pression psychologique exercée par un groupe, la peur de la violence agissant comme un mode de coercition peut amener une victime à ne pas résister aux exigences de ses agresseurs et à se soumettre à leurs ordres. Le comportement soumis dicté par la peur de la victime renforce alors les violeurs dans leur conviction que la victime est en réalité complice. Pour la victime, l'absence de résistance peut générer, par la suite, un intense sentiment de culpabilité qui peut s'avérer, à long terme, plus dommageable que le viol lui même, entraînant de graves séquelles psychologiques et affectives. Cette perception de la complicité de la victime est erronée : un viol, même si les actes sexuels ont été obtenus sans violence mais par la contrainte, est un viol.

Lorsqu'une jeune femme a été victime une première fois d'un viol collectif, elle a désormais une "réputation" qui la marque comme une cible aux yeux des jeunes de son quartier ou de sa cité et qui en font la cible d'agressions ultérieures. Elle est une "Go", une "taspé" une "lopsa" qui se fait "Ken" et si elle parle, elle devient une "lanceba". Pourtant, la jeune Sabrina va surmonter sa honte et , brisant la loi du silence, elle va porter plainte. Cet acte courageux va s'avérer sans résultat car plusieurs violeurs vont être remis en liberté, ce qui va augmenter leur sentiment de pouvoir agir en toute impunité.

Le 3 septembre 1994, alors qu'elle vit sous la surveillance constante de ses proches, trois jeunes repèrent Sabrina dans un bus alors qu'elle se rend Porte de la Villette pour faire des courses. Ils battent rapidement le rappel de leurs amis puis abordent l'adolescente. Un des violeurs lui annonce qu'elle va "regretter d'avoir porté plainte" puis ils l'entraînent à nouveau dans une cave d'immeuble. Deux garçon la déshabille puis pendant plusieurs heures, elle sera victime de sévices sexuels infligés par, entre autres, Djokre, Sekou, Bouzid, Bakari, Djamel, Boubou, Aziz, Ladji, Vergolino, Mostépha et Hacène.

Il faudra attendre sept ans pour que les violeurs, dénoncés et identifiés par la victime, comparaissent devant la justice. Le jour du procès, Ils arrivent décontractés au tribunal et se serrent la main. L'affaire est présentée dans la presse comme un modèle du genre. La jeune femme est secondée par Me Cathrine Perelmutter et l'association "Enfance et partage" qui a décidé le jour précédent de s'associer à sa plainte. Sophie Decis, une juriste, explique qu' "il faut marquer le coup, montrer que les associations, elles aussi, sont présentes. Dans les cités, il existe des codes qu'on ne connaît pas, des rituels qui nous échappent."


Question: faut-il vraiment se soucier des codes et des rituels des cités pour savoir que le viol est condamnable ?

Pourtant, en dépit de cette mobilisation et d'une certaine effervescence médiatique autour du cas de Sabrina, l'intérêt pour le procès tombe brusquement. Le lendemain du procès, seuls deux petits entrefilets, l'un dans le Figaro et l'autre dans le Parisien du 28 avril 2001, signalent le verdict. Ainsi, Le Figaro se borne-t-il à signaler:

"indulgence pour les violeurs - les onze voyous accusés de deux viols collectifs, dont avait été victime une jeune fille de 14 ans, ont été condamnés hier, par la cour des mineurs de Paris, à des peines de prison modérées de quatre à cinq ans, en grande partie assorties de sursis. La cour a suivi l'avocat général qui avait requis des peines de prisons n'obligeant pas les jeunes violeurs à retourner en prison. Les faits remontent à 1993 et s'étaient déroulés dans les caves d'une cité du XIXeme."
En d'autres termes, le procès où il fallait "marquer le coup" a fait long feu. Les violeurs de la jeune Sabrina sont entrés libres au tribunal et en ressortent libres.

# Posté le jeudi 15 novembre 2007 11:22

[Viol collectif de Grigny]

[Viol collectif de Grigny]
Un cas de tournante raciste documenté est celui qui s'est déroulée à la Grande Borne, à Grigny, dans l'Essonne, où une autre gamine de 15 ans - blanche - a été violée par dix jeunes. Ceux-ci ont déclaré qu'ils s'en étaient pris à elle parce que "c'était la seule babtou [blanche] du groupe". Il s'agit de Camille, une petite blonde sur laquelle Kader, un jeune de la cité jette son dévolu. La gamine repousse les avances de cet individu, qui se venge aussitôt en cambriolant la cave et fracasse la boite aux lettres de sa famille. Enfin, un soir de Janvier 1999, La jeune Camille se promène avec deux amies d'origine africaine lorsqu'elles croisent une bande de garçons, dont le jeune maghrébin. Un des hommes lancent aux Blacks : "Foutez le Camps ! C'est la Blanche qu'on veut". Camille demande à ses amies de prévenir ses parents ; elles n'en feront rien.

Dès ce moment, elle est traînée dans un local à poubelle. On lui arrache ses vêtements. Kader l'oblige à lui faire une fellation, puis un copain de Kader, Lamine, rejoint le groupe. Le viol collectif commence et les sévices sexuels vont s'enchaîner jusqu'à trois heures du matin, sous les applaudissements des jeunes de la cité.

La famille portera plainte... et ce sera elle, bien sur, qui devra quitter le quartier...

# Posté le jeudi 15 novembre 2007 11:39

Viol collectif d'Aix en provence - mai 2001

Viol collectif d'Aix en provence - mai 2001
Le 27 mai 2001, le quotidien le Figaro signale qu'un nouveau viol collectif a eu lieu le 12 mai 2001 à Aix en Provence. Ce cas marque un nouveau palier dans la brutalité utilisée pendant les tournantes. Le journal rapporte que 15 Maghrébins âgés de 13 à 19 ans, originaires de la cité HLM de Jas de Bouffan, ont violé une handicapée mentale de 36 ans.

Repérée dans un centre commercial alors qu'elle revenait d'une visite de suivi médical, la jeune femme a été séquestrée dans un local à poubelle. Là, ses agresseurs l'ont forcée à fumer de l'herbe, l'ont déshabillée et l'ont violée pendant plusieurs heures. Les viols ne s'arrêteront pas là. Les maghrébins escortent ensuite la victime hors du local à poubelle jusqu'à une maison abandonnée. Là, utilisant leurs portables, ils invitent une autre dizaine de jeunes qui se font à leur tour un devoir de continuer à violer cette femme.

"Ils étaient cinq, puis six, puis dix, puis vingt, je ne sais plus..." confiera la victime.

C'est finalement en pleine nuit que la victime sera retrouvée en train d'errer dans les rues de la ville, nue, apeurée, à la recherche d'un peu d'aide. Les personnes qui lui porteront secours découvriront que les jeunes maghrébins ne se sont pas contentés de la violer et de la passer à tabac. Le corps de la femme est constellé de brûlures de cigarettes: ils l'ont torturée. Des éducateurs, se confiant au journal le Figaro, évoqueront "des ratonnades sexuelles destinées à assouvir un racisme latent". Un nouveau seuil a été franchi dans l'abject...

# Posté le jeudi 15 novembre 2007 11:46

[Viol Collectif du Train Dunkerque Lille - mai 2001]

[Viol Collectif du Train Dunkerque Lille - mai 2001]
Trois jours s'écoulent à peine après que le Figaro ait signalé le Viol collectif d'Aix en Provence que c'est au tour du quotidien la Voix du Nord de signaler qu'un autre viol collectif a eut lieu, cette fois-ci en plein jour et dans un train. Le 24 mai 2001, une bande de sept jeunes montent dans le train Dunkerque-Lille à l'arrêt de la gare de Bailleul. Ces jeunes, selon la Voix du Nord, habitent à Lille sud, un quartier difficile où vivent énormément de maghrébins et où, depuis, a été ouvert le premier lycée musulman de France. Très vite, ils vont intimider les quelques passagers qui se trouvent dans le wagon, puis les jeunes brutes vont remarquer une étudiante qu'ils vont violer pendant la demie heure de trajet qui mène à Lille. Les médias parleront par la suite de l'indifférence de 200 passagers du Lille-Dunkerque. En réalité, il n'y avait dans le Wagon que 5 ou 6 personnes, (moins que d'agresseurs) selon le témoignage de la victime, diffusé par Associated Press sur Yahoo News.

Une fois encore, le viol du Dunkerque-Lille marque une montée dans la violence. 7 ans plus tôt, comme dans le cas du viol de la cité des Eiders, les violeurs entraînaient leurs victime dans une cave. En 1999, comme à Grigny, les viols collectifs étaient devenus une attraction dans la cité. Désormais, on se sert: on se promène dans un centre commercial, on repère une femme vulnérable et on la viole, comme dans le cas d'Aix-en-Provence. Ou bien on prend le train et on viole une passagère entre deux arrêts, histoire de passer le temps...

# Posté le jeudi 15 novembre 2007 11:50